La Renouée asiatique

La Renouée Asiatique, la Renouée de Sakhaline et leur hybride, la Renouée de Bohème, sont originaires des régions d'Asie orientale. On estime que leur introduction en Europe a eu lieu au cours du 19ème siècle pour leurs propriétés esthétiques et mellifères. C'est à partir du 20ème siècle que l'on constate leur expansion, en lien direct avec les perturbations grandissantes des milieux naturels. Dans le nord-ouest de la France, et globale- ment à l'échelle du territoire national, les deux Renouées sont largement répandues ; néanmoins la Renouée du Japon est la plus largement représentée.

Description :

La Renouée Asiatique (Fallopia japonica) est une plante qui se présente souvent en bosquets. Ses tiges forment de grandes cannes rougeâtres creuses et cassantes pouvant atteindre facilement 3 à 4 mètres de hauteur. Les feuilles sont grandes de forme triangle-ovale ou en cœur et vert clair. Entre août et octobre, la Renouée Asiatique fleurit avec des grappes de très petites fleurs blanches. Ses racines sont constituées de rhizomes qui ont une grande capacité de reproduction. De même, la Renouée se bouture très facilement.

Elle se développe dans de nombreux milieux différents mais elle apprécie les milieux riches en nutriments et les sols frais. On la rentre très souvent sur les friches et les bords de route. La Renouée colonise les berges des cours d'eau parfois sur plusieurs centaines de mètres linéaires. Toutefois, dans la zone du projet, même si sa présence est très courante, elle n'a pas envahi la totalité des linéaires de cours d'eau comme on peut le voir dans la région Rhône-Alpes.

La Renouée Asiatique pose des problèmes dans l'écosystème aquatique en déstabilisant l'équilibre naturel. Sur les berges, son système racinaire n'est pas adapté et finit par provoquer des érosions.

Méthodes de lutte :

Plusieurs méthodes ont été testées dans le cadre du projet LUPIN. Trois zones pilotes ont été définies sur la zone du projet. A Morbecque, Zonnebeke et Craywick, les partenaires ont appliqué les méthodes suivantes :
- Fauche simple,
- Fauche et bâchage,
- Fauche, bâchage et plantations.

La première action de lutte débute par la fauche des zones concernées. La plante est fauchée à la débroussailleuse au plus près du sol. La difficulté réside dans l'usage de la débrousailleuse car il faut contrôler que des fragments ne soient pas entraînés vers le cours d'eau. On peut aussi utiliser la tronçonneuse ou le sécateur.

L'application d'une bâche géotextile permet de priver la Renouée de lumière pour la fragiliser. Il est indispensable d'utiliser une bâche non tissée. A défaut, la Renouée passe dans les mailles de la bâche.

Les plantations viennent compléter le dispositif soit en aménagement paysager soit pour renforcer la ripisylve dans le but de créer une concurrence entre les espèces pour affaiblir la Renouée. Des essences locales adaptées ont été utilisées pour la ripisylve (Saules, Cornouiller). Les plantations sont réalisées avec une assez haute densité de 4 plants/m².

Même si la Renouée se reproduit peu par ses graines, il est préférable d'intervenir avant la floraison.

Le suivi de la reprise de la plante est essentiel et demande beaucoup d'énergie pour contrôler le résultat de l'action.

Les déchets des chantiers ont été évacués vers les déchetteries ou enfouis sur place (aménagement paysager sous forme de butte).

Une dernière méthode consiste en un décapage du sol pour retirer tous les rhizomes avec évacuation des terres. Mais cette méthode est difficilement réalisable sur la berge au risque de déstabiliser tout le talus. Elle n'a pas pu être testée dans le projet LUPIN.

Résultats :

Les partenaires ont pu se rendre compte de la difficulté à éradiquer cette plante. Les actions de lutte doivent être répétées très régulièrement et l'efficacité reste relativement limitée.

Sur l'opération de fauche simple, les résultats sont très peu satisfaisants. La première action demande peu de moyens et de main d'œuvre (0,05 jour/homme/m²) mais le contrôle du site demande une intervention hebdomadaire pour la fauche des reprises. Cette méthode ne paraît donc pas intéressante en terme coût, de moyens humains déployés et la fauche régulière accroît le risque de dispersion de fragments.

L'opération de fauche avec bâchage offre un meilleur résultat. La Renouée ne passe pas à travers la bâche mais sur certains sites les plantules soulèvent la bâche malgré l'obscurité. Il faut donc surveiller cet aspect régulièrement. A Zonnebeke, le résultat semble assez encourageant pour envisager le retrait de la bâche en fin d'année 2014, soit un an après les travaux, pour réaliser un nouveau semis de la berge. Cette méthode présente l'avantage de rester économe en temps et main d'œuvre pour sa réalisation : on estime environ 0,16 jour/homme/m².

L'action de fauche avec bâchage et plantations présente des résultats mitigés. L'affaiblissement de la Renouée est réel notamment grâce à la bâche mais la plante profite des trous créés par les nouvelles plantations pour s'y développer. Le travail de suivi est alors rendu très minutieux car il faut sectionner la Renouée autour de chaque plant… Là encore, la surveillance doit être très régulière de l'ordre de 1 fois par mois. Sur l'aménagement paysager, l'enfouissement des produits de fauche est peu satisfaisant : la Renouée parvient à repousser malgré le bâchage et les plantations ornementales. Cette méthode demande davantage de budget et de personnel en raison de la phase « plantations » (en moyenne 0,25 jour/homme/m²).

Pendant la période du projet LUPIN, les partenaires ont réalisé une lutte contre la Renouée Asiatique sur 300 m². Les partenaires ont travaillé soit avec leurs propres équipes en régie ou par contrats de sous-traitance avec notamment des entreprises d'insertion.

Les résultats très mitigés doivent être analysés par rapport au risque d'expansion de la Renouée Asiatique. En effet, cette plante est présente à de nombreux endroits mais la taille des stations reste stable au fil du temps. En revanche, des nouvelles apparitions sont constatées régulièrement.

Pour en savoir plus : télécharger la fiche PDF de présentation de la Renouée asiatique