La Balsamine de l'Himalaya

La Balsamine de l'Himalaya (également appelée Impatience de l'Himalaya), originaire d'Asie centrale et orientale, a été introduite en Europe dès le 19ème siècle comme plante ornementale et mellifère. Elle s'est ensuite échappée des lieux où elle avait été plantée pour gagner les milieux naturels : berges de rivières, canaux, fossés, talus frais… C'est au cours de la deuxième moitié du 20ème siècle que sa progression est devenue préoccupante.

Description :

La Balsamine de l'Himalaya (Impatiens glandulifera) est une plante introduite pour ses qualités ornementales et mellifères. Sa tige rouge, son port altier et ses fleurs roses lui confère un attrait esthétique notamment dans les jardins.

C'est une plante de 1 à 2 mètres de hauteur avec une longue tige rougeâtre, assez robuste et creuse. Les fleurs mesurent entre 2,5 et 4 cm, elles sont irrégulières et de couleur pourpre parfois blanches. Ses feuilles sont allongées, finement dentées et ont des glandes à leur base. La Balsamine de l'Himalaya dégage une mauvaise odeur au toucher. 

Lorsqu'elle se développe sur les berges, la Balsamine de l'Himalaya colonise au fil du temps toute la longueur du cours d'eau grâce à son mode de reproduction efficace. A partir de juillet/août, la Balsamine développe des capsules chargées de graines qui seront propulsées à la fin de l'été pour donner de nouveaux plants au printemps suivant. Un seul pied de Balsamine peut produire 7000 graines ! Plante annuelle, ses graines restent tout de même viables pendant 2 ans. Elle se reproduit aussi par bouturage mais dans une moindre mesure.

Son système racinaire assez léger n'est pas du tout adapté au sol des berges. Le développement intense de cette plante génère des érosions de berges, dysfonctionnement des cours d'eau induisant envasement, atterrissement ou encore inondations locales.

Méthode de lutte :

La méthode de lutte privilégiée par les partenaires du projet LUPIN pour la Balsamine de l'Himalaya est l'arrachage manuel. Cette méthode présente des avantages tant pour le succès de l'action de lutte que pour l'organisation du chantier.

Cette méthode a d'abord été testée sur une zone test transfrontalière sur la Vleter Becque envahie sur les berges sur plusieurs kilomètres. Ensuite les partenaires l'ont étendue au reste du territoire concerné par cette espèce.

L'arrachage manuel permet d'avoir de meilleurs résultats sur la lutte car toute la plante est extraite y compris les racines : il y a donc très peu de chance de reprise. La période d'intervention est primordiale pour garantir l'efficacité des méthodes de lutte contre cette plante.  Le succès de l'action de lutte repose sur une intervention avant la fructification de la plante. La meilleure période correspond au début de la période de floraison soit de mi-juin jusque fin juillet (cette période peut légèrement varier selon les conditions climatiques). Pendant la période de floraison, la plante est plus facilement reconnaissable avec ses fleurs roses et sera d'autant plus affaiblie que son énergie est concentrée sur la floraison. Au-delà de la fin du mois de juillet, le risque de dissémination sera accru en raison de la formation des graines.

Un deuxième passage en septembre peut permettre d'arracher les derniers pieds qui se seraient développés plus tardivement ou qui auraient été oubliés au premier passage.

Au niveau du chantier, l'arrachage manuel a été privilégié par rapport au débroussaillage. En effet, l'arrachage manuel nécessite très peu de matériel ce qui permet de garantir un chantier très mobile se déplaçant au fil de l'eau.  Par ailleurs, la Balsamine a un système racinaire assez peu développé et le sol frais des berges facilite l'extraction de la totalité de la plante. Les équipes sont intervenues directement dans le lit du cours d'eau. Cela permet une meilleure visibilité afin d'arracher tous les pieds présents dans la berge. Seuls les équipements de protection individuelle restent indispensables même si la période d'étiage rend le travail plus aisé. Une équipe de 3 à 5 personnes semble une proportion idéale pour progresser efficacement dans le cours d'eau. Une fois les plantes arrachées, elles sont laissées sur place, en tas, et en dehors de la zone de plus hautes eaux pour éviter leur entraînement vers l'aval.

Le débroussaillage reste possible mais il doit être pratiqué au plus près du sol sous le premier nœud de végétation. Le débroussaillage permettra d'agir sur des vastes superficies, notamment dans les zones humides.

Résultats :

Les partenaires du projet LUPIN ont travaillé sur des chantiers très disparates au niveau des linéaires allant de quelques dizaines de mètres à 9 kilomètres. L'arrachage manuel a permis une action ciblée et assez efficace.

Sur l'ensemble du territoire du projet LUPIN, la lutte contre la Balsamine de l'Himalaya a été réalisée sur plus de 31 km de cours d'eau. Les partenaires ont travaillé soit avec leurs propres équipes en régie ou par contrats de sous-traitance avec notamment des entreprises d'insertion.

Le coût des chantiers de lutte contre la Balsamine est variable selon la taille du chantier mais les partenaires ont pu établir une moyenne de 0,80 euros/ml de cours d'eau traité (sans la surveillance). Ce coût comprend uniquement la main d'œuvre, qu'elle soit en régie ou en sous-traitance, puisque, pour cette plante, il n'y a pas eu de besoin matériel spécifique pour la méthode d'arrachage. Les partenaires ont examiné le temps passé pour les premières actions de lutte contre cette plante : on obtient une moyenne de 6 jours/homme par kilomètre de cours d'eau.

La plupart des actions ayant eu lieu en 2014, il faudra encore évaluer les résultats dans les prochaines années. Cependant, les partenaires du projet LUPIN espèrent obtenir de bons résultats sur la destruction de la Balsamine car sa stratégie de reproduction se limite essentiellement à la dispersion des graines. On estime que la reconduction d'une action de lutte pendant encore 2 années à la suite de la première action permettra de traiter définitivement les sites touchés. Ensuite, une surveillance régulière lors de l'entretien des cours d'eau ou lors du piégeage des rats musqués permettra de prévenir les nouvelles invasions.

Pour en savoir plus : télécharger la fiche PDF de présentation de la Balsamine géante