La Jussie

Plantes amphibies originaires d'Amérique du Sud, la Jussie à grandes fleurs (Ludwigia grandiflora) et la Jussie fausse-péplide (Ludwigia peploides) ont été introduites dans les années 1820 dans le sud de la France afin d'agrémenter le jardin des plantes de Montpellier. Leurs qualités esthétiques ont par la suite conduit à leur commercialisation comme plantes d'ornement pour les plans d'eau et les bassins. Grâce à leur capacité de croissance très rapide, ces espèces forment rapidement des herbiers étendus et compacts qui échappent rapidement à tout contrôle et sont capables de coloniser puis d'envahir littéralement les milieux naturels. Au cours de ces trois dernières décennies, les Jussies se sont rapidement propagées dans les zones humides et ce, à l'échelle d'une grande partie du territoire national.

DESCRIPTION :

La Jussie est une plante à fleurs jaunes que l'on retrouve dans toutes les zones humides qu'il s'agisse de plans d'eau, de rivières, de zones humides ou encore des canaux.

Importée accidentellement dans le Sud-Est de la France, il y a plus de 150 ans, elle s'est largement disséminée depuis, remontant vers le Nord pour atteindre aujourd'hui nos voisins européens ou certaines régions anglaises.

Formant des herbiers très denses et pouvant s'enraciner jusqu'à 3 mètres de profondeur, elle réduit les écoulements dans les cours d'eau, empêche la diffusion de l'oxygène dans les milieux stagnants peu profonds, complique la circulation des bateaux, perturbe l'irrigation et le drainage. Elle colonise également les prairies humides en y remplaçant les espèces végétales locales.

Elle produit de longues tiges qui se développent horizontalement dans l'eau, sur l'eau ou même dans la boue. Des racines spongieuses se développent sur les tiges immergées.

La floraison est longue et débute en été. Ses grandes fleurs, pouvant atteindre 5 cm de diamètre, sont de couleur jaune.

METHODES DE LUTTE :

Deux techniques sont principalement utilisées pour lutter contre la Jussie :

  • Les travaux mécaniques
    Les plantes sont arrachées au moyen d'engins de chantier (pelleteuse à godet et à griffes).

     
  • L'arrachage manuel
    Il s'agit de pratiquer un arrachage manuel méthodique, à partir de la berge ou d'une embarcation, en prenant soin d'éliminer l'ensemble des boutures et des rhizomes.

Sur le secteur de la Flandre maritime, la Jussie s'est répandue durant une dizaine d'années sur la Colme, sur environ 16 km. Elle a envahi cette surface à plus de 60 %, soit 19,2 hectares de superficie contaminée.

Il est donc devenu important d'intervenir en raison des risques d'inondation car cette plante empêchait l'eau de s'évacuer. De plus, il y avait un risque de mortalité piscicole et des risques sanitaires pour les communes du fait de l'accumulation des sédiments.

Une action, sur le canal de la Colme, a été menée conjointement par les Voies Navigables de France, la Communauté de Communes de la Colme, la Communauté de Communes des Cantons de Bergues  et l'Association de pêche « La Fraternelle », en partenariat avec le Conservatoire Botanique de Bailleul.

La première action a consisté à traiter chimiquement le canal mais cela n'a pas éradiqué la plante. Tout produit phytosanitaire étant désormais interdit, il a fallu agir de manière différente.

Les VNF ont donc utilisé des engins mécaniques, notamment un bateau faucardeur pour enlever et évacuer les déchets, mais cela ne s'est pas avéré très efficace.

Sur 10 ans, cette action a coûté environ 100 000 €.

Pour accentuer l'efficacité de la lutte, un bateau arracheur et un ponton de stockage ont été mis en place. Ainsi en 2006, plus de 1 500 m3 ont été retirés sur le canal de la Haute Colme. En complément de cette action, une équipe d'agents de la Ville de Bergues permet d'arracher chaque année de nouveaux foyers qui se logent dans des zones inaccessibles avec le bateau arracheur.

RESULTATS :

L'action mécanique a permis de maîtriser le développement de la Jussie sur le canal de la Haute Colme et de la Colme.

Cependant à ce jour, il subsiste quelques foyers de Jussie, représentant 200 à 300 m².

Afin d'éviter toute contamination, un réseau d'alerte aux plantes invasives, piloté par les VNF, a été mis en place et surveille les plantes sur le réseau fluvial du Nord-Pas de Calais.

Pour en savoir plus : télécharger la fiche PDF de présentation des Jussies